Résultats des projets d'AEC

Students from ENV1101 course posing in front of their poster

Chaque année, le Centre propose des activités dans le cadre de son programme d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC) dans la région de la Capitale nationale.  Les étudiants qui optent pour un placement d’AEC ont pu mettre à l’épreuve leurs aptitudes et leurs compétences et faire le pont entre la théorie et la pratique tout en s’investissant dans leur communauté. Leurs heures de bénévolat sont inscrites dans leur attestation de bénévolat (ADB).


2017-2018

S'adapter au changement : une compétence essentielle dans le monde d'aujourd'hui

Kathleen Kemp, HannahPham, Perla Habchi devant l'affiche du CSED

À l’automne 2017, Hannah Pham, Perla Habchi et quatre autres étudiants ont suivi le cours de quatrième année en leadership, stratégie et durabilité(ADM 4317) de la professeure Daina Mazutis à l’École de gestion Telfer. Même si les étudiants ne savaient pas, avant de s’inscrire, que le cours offrait la possibilité de faire un projet d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC), ils ont décidé de saisir ensemble cette occasion de mettre en pratique les notions apprises en classe, d’autant plus que la plupart des projets d’AEC permettaient de toucher aux méthodes de gestion et à la vérification des états financiers.

Leur équipe a choisi un placement au Centre of Social Enterprise Development (CSED), organisme qui offre différentes formes de soutien — expertise technique, accompagnement, financement, communautés d’apprentissage, formation, partenariats intersectoriels, etc. — à des centaines d’entreprises à vocation sociale d’Ottawa. La petite équipe du CSED, qui travaille à élargir la place de ce type d’entreprise dans la région, avait besoin d’aide. Le projet d’AEC qu’elle proposait consistait à examiner les dépenses d’un client pour guider la réorientation de ses approvisionnements vers des entreprises à vocation sociale.

Les étudiants ont travaillé sous la direction de l’équipe du CSED, qui a redéfini l’objectif en cours de route. Compte tenu de l’abondance de données à analyser, le CSED et les étudiants ont décidé de collaborer pour concevoir et mettre à l’essai un cadre d’analyse des données qui aiderait l’équipe à faire des recommandations au client.

Le changement d’objectif aurait pu nuire aux étudiants, mais, encadrés par l’équipe du CSED, ils ont choisi d’appliquer ce qu’ils avaient appris en classe pour s’adapter à la situation et en tirer des leçons. Quand on leur demande si cette situation leur a causé du stress, Hannah et Perla soulignent toutes deux l’importance de savoir s’adapter au changement. « Quand on travaille avec des données réelles fournies par des partenaires communautaires, on ne peut pas faire abstraction du contexte. Il faut développer une vue d’ensemble et faire preuve de souplesse pour s’adapter à leur style de travail et à leurs orientations », explique Perla. 

L’équipe du CSED est très heureuse d’avoir pu collaborer avec les étudiants et de disposer d’un cadre d’analyse tout neuf qu’elle peut maintenant reproduire dans d’autres secteurs de l’organisation. De plus, indique Kathleen Kemp, directrice du développement sectoriel chez CSED, les idées neuves, la créativité et l’esprit d’innovation des étudiants ont permis de pousser encore plus loin la réflexion et la résolution de problèmes.

Fait remarquable, comme le projet s’étale sur deux trimestres, deux des coéquipiers qui ont participé à la première partie ont pu poursuivre le travail dans le cadre du cours ADM 4904 de Telfer. « Comme l’a dit un des directeurs du CSED : construire un bateau, c’est une belle expérience, mais c’est encore mieux si on peut aussi l’amener à bon port. Ce projet est l’une des meilleures expériences que j’ai vécues durant mon bac, parce que j’y ai participé d’un bout à l’autre », explique Hannah.

Malgré le changement d’objectif, les étudiants ont réussi à appliquer leurs connaissances théoriques à la création d’un cadre d’analyse de haute qualité que le CSED a pu utiliser pour promouvoir l’approvisionnement responsable. D’une certaine façon, le changement de cap a même enrichi leur expérience. Comme l’explique Hannah : « Il faut comprendre l’aspect théorique, mais le plus important, dans un milieu de travail, c’est d’être capable de s’adapter. Le fait d’avoir à réagir en temps réel élargit notre compréhension de la communauté et nous prépare au marché du travail. »


De la théorie à la pratique : comprendre l'égalité réelle grâce à l'apprentissage expérientiel 

À l’automne 2017, le programme d’apprentissage par l’engagement communautaire a été intégré à un cours de common law pour la toute première fois. La professeure Angela Cameron a voulu inclure cette option dans son cours CML 3181 Sexuality, Gender and the Law, étant convaincue que « la pratique de l’égalité réelle, dans le contexte de théories suscitées par le genre et la sexualité, est une excellente façon de mieux comprendre la réalité merveilleuse et complexe de l’égalité dégagée quelque peu de la common law ». Visant à passer « de la théorie à la pratique, de l’abstrait au concret », elle croit que « nous avons besoin d’une nouvelle génération de juristes qui maitrisent la complexité de l’égalité réelle, en théorie comme en pratique, afin de dépasser ce que peut accomplir la common law en 2018. »

Ainsi, deux de ses étudiantes ont participé à un placement dans le cadre de l’initiative Le droit a besoin du féminisme car(Law Needs Feminism Because, ou LNFB) qui cherche à réunir des récits et des témoignages d’étudiants et d’étudiantes, de juristes et de professionnels du droit pour comprendre pourquoi la pratique du droit a besoin de la perspective féministe, dans le but d’influencer le système judiciaire et la profession juridique de l’avenir. On souhaite ainsi « amplifier les voix de groupes marginalisés qui ont de tout temps été exclus du fonctionnement du droit, en particulier les communautés racialisées, autochtones, allosexuelles, trans, intersexuées, non binaires ou handicapées ».

Le placement avait pour objectif d’aider LNFB à organiser son deuxième forum national à l’Université d’Ottawa en mars 2018. Zaynab Al-Waadh, l’une des organisatrices, a souligné que dans le cadre du stage « les étudiantes ont assuré le caractère inclusif du contenu du forum à l’égard des groupes marginalisés, dont les communautés LGTBQ+, racialisées, handicapées, à faible revenu et autochtones ». Selon les deux organisatrices du forum, Zaynab Al-Waadh et Stephanie Tadeo, les étudiantes ont contribué à mettre sur pied 17 ateliers portant sur des questions féministes au sein de la communauté juridique, notamment « Disrupting Inequitable Access to Justice » et « Rebuilding Feminist Law Reform Capacities in Canada », ainsi qu’un panel sur les perspectives féministes autochtones relatives à la décolonisation et à l’appui des alliés. Les étudiantes ont également aidé à mettre en valeur des portraits tirés de la campagne de photos de la section uOttawa de LNFB. Selon la professeure Cameron, donner le choix à ses étudiants d’unir leur passion féministe à un engagement communautaire tout en approfondissant leurs connaissances crée une vie étudiante parfaitement équilibrée.

LNFB - citations

 


Le choix de faire une différence dans la communauté 

paroisse St-Paul’s Eastern United

Cécile Planchon, doctorante en sociolinguistique et professeure à temps partiel à l’Université d’Ottawa, fait aussi du bénévolat auprès de la paroisse St-Paul’s Eastern United, située à deux pas du campus. En tant que partenaire communautaire, elle supervise et facilite le jumelage d’étudiantes et étudiants bénévoles avec les programmes qui lui tiennent à cœur et qui visent notamment les Premières Nations, les personnes âgées et les francophones. L’un de ses objectifs consiste à créer des liens entre la communauté et la population étudiante. Elle a environ 20 étudiants bénévoles à sa charge. Après trois ans de collaboration avec le Centre Michaëlle‑Jean pour l’engagement mondial et communautaire, elle a appris qu’il est essentiel de s’entretenir avec les étudiants au début de leur placement, afin de connaître leurs attentes et s’assurer de leur engagement tout en établissant un contact continu.

Cécile Planchon recrute des bénévoles pour la banque alimentaire de Odawa Friendship Native Centre, un programme qui distribue de la nourriture à la communauté autochtone ottavienne touchée par l’insécurité alimentaire. « J’ai été très choquée de voir que les Premières Nations au Canada avaient exactement les mêmes problèmes qu’aux États-Unis », explique la doctorante. Elle s’engage alors à faire une différence. Pour la banque alimentaire, l’assiduité des bénévoles est la clé du succès. La jeune femme veille donc à ce qu’il y ait toujours un bénévole sur les lieux pour distribuer de la nourriture aux personnes vulnérables. D’après elle, l’engagement communautaire apprend aux étudiants à adopter de nouvelles perspectives et à apprécier leur situation privilégiée. Elle croit également que le bénévolat leur permet de sortir de leur bulle universitaire pour faire face au monde réel, tout en découvrant de nouvelles possibilités de carrière.

Karlee Waldgel est étudiante au baccalauréat ès arts avec mineure en études autochtones. En hiver 2018, elle a suivi un cours en études canadiennes, CDN4101 – Contemporary studies in Canada, et a choisi de faire un placement dans le cadre du programme d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC). Son cours, lequel aborde de graves problèmes au Canada, l’a décidée à s’impliquer pour aider autant que possible les peuples autochtones. Sur le plan personnel, Karlee déclare que faire du bénévolat lui a permis de se mettre en adéquation avec ses valeurs et de s’engager émotionnellement afin d’appuyer une cause importante à ses yeux. La jeune femme est d’avis que les étudiants ont tendance à se protéger de la réalité pendant leurs études et que le bénévolat représente une excellente façon d’élargir ses horizons, de laisser de côté son individualisme et d’apprendre de nouvelles choses. Dans le cadre de son placement à la banque alimentaire, Karlee distribue la nourriture, s’occupe d’emballer des paquets, et inscrit les bénéficiaires du programme dans la base de données pour documenter le nombre de personnes servies et ajuster la quantité d’aliments dont dispose la banque. L’expérience qu’elle a acquise grâce à son placement lui a permis de mieux se connaître, de rencontrer de nouvelles personnes, et surtout, de prendre plaisir à aider les autres.

Samuelle Ménard est étudiante de deuxième année au baccalauréat en sciences sociales spécialisé en études des conflits et droits humains (coop) avec mineure en études des femmes à l’Université d’Ottawa. Elle a pris la décision de s’engager dans sa communauté afin de redonner un peu de ce qu’elle a reçu. Son bénévolat à la banque alimentaire lui apporte de l’expérience dans son domaine d’études, lui transmet des valeurs et lui permet de développer son sens de la communauté. « J’ai toujours voulu aider mon prochain », déclare-t-elle. Grâce à son cours DVM 2750 – Fondements de la pensée politique et sociale : Le libéralisme classique et le socialisme, elle réussit à tisser plusieurs liens entre ce qu’elle apprend à l’université et ce qu’elle voit dans le cadre de son placement. En écoutant les histoires tantôt déchirantes, tantôt comiques des Autochtones qui visitent la banque alimentaire, Samuelle a gagné en patience, en compassion et en empathie.

Par :Jane Gabrielle Ngambo Tchoumene


Porter de nouveaux regards sur la culture autochtone grâce à l'apprentissage par l'engagement communautaire 

Étudiant AEC souriant

Anthony Larocque, étudiant de quatrième année en études des conflits et droits humains avec une mineure en études autochtones, s’est lancé pour la première fois dans l’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC) dans le cadre d’un cours d’anthropologie intitulé Native Peoples of Americas, à l’automne 2017. Cet hiver, il entreprend un deuxième placement d’AEC, lequel fait partie du cours de quatrième année CDN4100 (Contemporary Issues in Canada), donné par la professeure Tracy Coates. Anthony a continué d’assumer ses fonctions d’adjoint des programmes culturels au Wabano Centre for Aboriginal Health, un centre communautaire où sont offerts des programmes et services adaptés à la culture des Premières nations, des Inuits et des Métis.

« En tant que bénévole du programme d’AEC, explique Anthony, j’appuie le personnel du Centre Wabano dans leur prestation de divers programmes de revitalisation culturelle pour les jeunes et les personnes âgées. J’ai été très chanceux d’avoir pu m’immerger dans la culture autochtone en confectionnant des trousses pour les sacs de médecine en forme de tortue et des offrandes de tabac. J’ai aussi préparé des médecines sacrées qui sont utilisées pendant les cérémonies. De plus, j’ai pu participer aux “nuits culturelles”, qui ont lieu chaque semaine, et pendant lesquelles les membres de la communauté se rassemblent pour chanter, se raconter des histoires et écouter les sages enseignements de divers aînés. »

La professeure d’Anthony, Tracy Coates, intègre le programme d’AEC à ses cours depuis l’automne 2016. « Le programme d’AEC occupe une place importante dans mes cours, car il génère de nouvelles occasions d’apprentissage expérientiel – un élément fondamental de la pédagogie autochtone», déclare-t-elle.

Pour ce qui est d’Anthony, sa participation à l’apprentissage expérientiel lui a offert une nouvelle façon de voir les choses. « Les tâches qu’on m’a confiées pendant mon placement m’ont permis, en tant que non Autochtone travaillant avec des membres de ces nations, d’apprendre à mieux comprendre leur culture.»

« Je crois que, jusqu’à présent, mon rôle au Centre Wabano démontre qu’il y a des alliés dans la communauté qui ont à cœur de favoriser l’épanouissement de relations saines et importantes avec les personnes autochtones, ajoute-t-il. Je prends le temps d’écouter les clients afin d’apprendre de leurs expériences et de mieux comprendre la réalité des Autochtones qui habitent dans la région de la capitale nationale. De plus, je contribue aux valeurs profondes du Centre Wabano, qui offre aux Autochtones un espace sécuritaire où ils peuvent revitaliser leur culture et la redécouvrir.»

Anthony recommande à d’autres étudiants d’envisager de participer au programme d’apprentissage par l’engagement communautaire, s’il est offert dans le cadre de leurs cours. «On apprend et on relie notre expérience au contenu présenté en classe, dit-il, mais en plus, les placements du programme d’AEC nous permettent de faire un peu de réseautage et d’approfondir notre expérience professionnelle, ce qui est indispensable pour rédiger un CV concurrentiel.» Anthony a l’intention de s’investir indéfiniment dans les activités du Centre Wabano.


Améliorer la littératie en matière de santé dans notre communauté 

étudiantes AEC en médecine Joanne Joseph, Jennifer DCruz, Mariya Kuk

Réalisé dans le cadre de cours, le programme d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC) permet aux étudiants et aux étudiantes de travailler comme bénévoles pour répondre à un besoin précis dans la communauté. Nous avons participé au programme pendant notre première année d’études en médecine. Convaincues de son utilité et fortes des outils qu’il nous a permis d’acquérir, nous avons eu l’idée de nous en servir pour améliorer l’expérience des étudiants de l’Université d’Ottawa et de la communauté dans son ensemble. Une présentation nous ayant révélé que l’alphabétisation est un des principaux déterminants sociaux de la santé et des conditions de vie à long terme, nous avons collaboré avec des ambassadrices locales en santé, les Dres Laura Muldoon et Melissa Vyvey, pour réfléchir à la meilleure façon de sensibiliser les jeunes enfants des familles à faible revenu à la santé et d’améliorer leurs aptitudes en lecture. Grâce aux interventions préalables de Joanne Joseph auprès de la communauté à l’occasion d’un cours au choix, nous avons décidé de profiter du cadre qu’offrait le programme de lecture « Il était deux fois » organisé par le refuge du YMCA de la Famille Taggart, à Ottawa, pour donner forme à notre projet.

Notre but? Encourager les étudiants de première année en médecine à organiser des activités de promotion de la santé, de lecture et de distribution de livres auprès des enfants du refuge. Ce projet innovait en ce qu’il augmentait la portée d’initiatives pour enfants vulnérables déjà en place en combinant l’éducation en santé et la promotion de la lecture. Pour les étudiants en médecine, il s’agissait d’une occasion rêvée de mieux comprendre les différentes étapes du développement des enfants et d’en apprendre davantage sur certains déterminants sociaux de la santé, comme le statut de réfugié et la pauvreté.

Au départ, le financement de certaines des activités que nous avions planifiées a représenté pour nous un obstacle de taille. Heureusement, la bourse d’engagement communautaire, Un fonds du Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire, a calmé nos inquiétudes à cet égard et nous a aidées à atteindre nos objectifs d’amélioration de la littératie en santé.

Le projet s’est concrétisé en janvier 2018 avec la participation de six étudiants de première année en médecine. Au programme : des présentations sur le lavage adéquat des mains, l’importance de faire de l’exercice et le fonctionnement du cœur, entre autres. Pour une conscientisation durable sur la santé et une amélioration des aptitudes des enfants en lecture, les présentations étaient accompagnées d’exercices pratiques, de livres et de brochures sur des sujets variés en lien avec la santé.

Ce projet offre aux étudiants de première année en médecine la chance de travailler auprès des enfants, de leur servir de modèles et de leur démontrer que la lecture et l’apprentissage peuvent être amusants!

Nous espérons que le programme se poursuivra dans les années à venir, voire qu’il pourra s’étendre sur l’année entière.

Pour nous, l’engagement communautaire, c’est être à l’écoute des besoins de notre communauté, planifier comment y répondre, mettre ce plan à exécution en l’évaluant fréquemment pour nous assurer que nous atteignons nos objectifs, et collaborer avec des groupes communautaires pour bonifier les initiatives déjà en place.

Par : Joanne Joseph, Jennifer DCruz et Mariya Kuk


L’apprentissage par l’engagement communautaire, une avenue vers le développement durable

Professeure Dorra Jlouli

Forte d’une carrière en développement durable et en administration des affaires socialement responsables, Dorra Jlouli a donné son premier cours à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa à l’automne 2017. Cette passionnée du développement durable et de l’implication citoyenne dans le domaine de l’environnement était ravie de pouvoir intégrer l’engagement communautaire à son cours ADM 4717 — Leadership, stratégie et durabilité. Un des principaux objectifs du cours étant d’offrir aux étudiants et aux étudiantes une occasion de travailler en groupe sur un projet en lien avec le développement durable, Dorra Jlouli a encouragé ceux-ci à choisir l’apprentissage par l’engagement communautaire dès le début du trimestre. Elle était d’ailleurs persuadée que les projets proposés par le Bureau du développement durable de l’Université d’Ottawa représentaient une occasion unique d’apprentissage par l’action et que le Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire proposait un cadre idéal d’apprentissage pour les étudiants, en plus de reconnaître leur contribution à l’effort global visant à rendre le campus universitaire plus « vert ».

Au mois de septembre, deux équipes ont été formées pour aborder chacune une problématique propre au campus de l’Université d’Ottawa. La première devait trouver une façon de promouvoir le transport durable, alors que la deuxième avait pour mission d’optimiser la chaîne de récupération du recyclage et des déchets de l’économie circulaire. Accompagnées par la professeure et par le Bureau du développement durable, les deux équipes ont conceptualisé des solutions à la fois novatrices et écologiques, en plus de mobiliser les connaissances en gestion, en finance et en marketing acquises pendant leurs études à l’École de gestion Telfer.

La première équipe, constituée de Camille Champagne-Roberge, Louise Ifrène, Dorine Jean, Abdul Adam Sylla, Boubacar-Sadio Diallo et Rachid Sadi, a décidé de se pencher sur l’installation de stations de recharge pour véhicules électriques sur le campus. Elle a créé un sondage pour évaluer la demande, puis recensé les parcs de stationnement qui pourraient accueillir des bornes électriques. Cette expérience enrichissante, dont les résultats se sont révélés prometteurs, procurerait aux étudiants, selon Abdul et Louise, un atout avantageux sur le plan de l’employabilité une fois leurs études terminées; en effet, l’apprentissage par l’engagement communautaire leur a offert une occasion stimulante de démontrer leurs compétences, en plus de favoriser l’altruisme et le réseautage dans la communauté.

Trois étudiants AEC du cours ADM4717 qui sourient pour la caméra

La deuxième équipe, constituée de Chanel Muhorakeye, Sophie Adjogble, Nia Pryce, Mbwaya Carine Mulumba, Ian Piercy-Douillard et Christopher Allard, proposait de transformer les résidus organiques, de papier et de plastique afin de diminuer la quantité de déchets envoyés à l’enfouissement. Elle a étudié la façon dont ces résidus sont réutilisés dans le secteur privé pour mieux choisir les méthodes applicables à l’Université d’Ottawa. Ces recherches ont permis aux membres de l’équipe de découvrir le domaine des sciences de l’environnement et de raffiner leurs compétences en analyse critique, en gestion budgétaire et en statistiques. Bien qu’ambitieuse et représentant un gros investissement de leur temps, cette expérience leur a révélé l’importance de s’investir dans la communauté. Le bénévolat leur a donné la chance d’influencer leur communauté de façon positive et de prendre des risques qui favorisent leur propre épanouissement, en plus d’alimenter leurs intérêts personnels.

Selon Dorra Jlouli, l’engagement communautaire permet aux étudiants de développer des compétences transférables, telles que des stratégies d’apprentissage, la synthèse des données et l’esprit critique. Il les amène également à consolider les connaissances dans leur domaine d’études, à se sensibiliser aux acteurs et aux enjeux qui existent à différentes échelles (universitaire, politique ou privée) et à appliquer la théorie apprise pendant leur parcours scolaire dans un contexte authentique qui entraîne de véritables retombées dans le monde. C’est également une occasion de renforcer la solidarité entre étudiants et de créer un sentiment d’appartenance à une cause commune. Dorra Jlouli croit aussi que l’expérience offerte par le Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire est unique et témoigne « d’un engagement responsable de l’Université d’Ottawa envers ses parties prenantes, en particulier les étudiants ». En somme, faire un placement bénévole est une excellente occasion d’aiguiser ses habiletés, de mettre en application ses connaissances et de construire son identité au sein de sa communauté. Abdul, Louise et Sophie recommandent à tous d’en faire l’expérience au moins une fois pendant leurs études à l’Université d’Ottawa.

Par : Irene Knicely-Coutts


Apprentissage par l’engagement communautaire et français langue seconde : une occasion rêvée de s’enrichir sur le plan linguistique, culturel et personnel

Étudiante souriante Irene Knicely-Coutts

Irene Knicely-Coutts, étudiante de quatrième année au baccalauréat ès arts avec majeure en français langue seconde et mineure en géographie à l’Université d’Ottawa, a commencé à s’engager dans sa communauté à l’âge de neuf ans comme monitrice à la bibliothèque de son école primaire. Après son arrivée à Ottawa en 2014, elle a cherché à s’impliquer dans sa nouvelle communauté. En 2015, elle est devenue tutrice de français langue seconde au Centre de bilinguisme; entre deux trimestres universitaires, elle a aussi effectué du bénévolat au Jardin écologique Fletcher, qui a pour mission de promouvoir la biodiversité, de contrer les espèces envahissantes et de rétablir les habitats naturels dans les espaces urbains. À l’hiver 2017, Irene a choisi un placement bénévole comme accompagnatrice d’étudiants en technologies, Internet et médias sociaux dans le cadre du nouveau cours hybride FLS 3791 – Technologies, Internet et médias sociaux en français langue seconde. Elle était responsable de conceptualiser une ressource sur un site Web public pour étudiants de français langue seconde.

Irene a tant aimé son expérience qu’au trimestre d’automne 2017, elle a choisi de s’engager comme tutrice de français langue seconde au sein d’un programme parascolaire à l’école secondaire Longfields-Davidson Heights de Barrhaven, tout en poursuivant son bénévolat au jardin écologique. En tant que tutrice, Irene appuyait des groupes d’élèves de quatrième année inscrits au régime d’immersion en français, les aidant à faire leurs devoirs de grammaire française, de sciences sociales et de sciences. Au jardin écologique, elle a créé un sondage sur les stratégies de communication sur place et en ligne concernant la mission du jardin, l’identification des espèces envahissantes, les services disponibles et l’efficacité des méthodes de communication employées.

Cet hiver, Irene est à la fois rédactrice d’articles au Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire et aide-enseignante dans une classe d’immersion en français de quatrième année à l’école primaire de Barrhaven. Depuis le début de ses études universitaires, elle a choisi l’option d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC) à cinq reprises, en plus de faire du bénévolat parascolaire.

Le parcours scolaire et bénévole d’Irene lui a permis de mieux cerner ses intérêts personnels et professionnels. Avant de devenir tutrice de français langue seconde au niveau universitaire, elle pensait faire un doctorat pour devenir professeure de français langue seconde à temps plein. Elle a découvert qu’elle souhaitait plutôt être enseignante de français langue seconde au niveau primaire. Ses expériences de bénévolat l’ont amenée à raffiner plusieurs compétences techniques, comme ses stratégies de communication, son esprit critique et son leadership. De plus, elle a surmonté des obstacles liés à certaines conditions de santé mentale diagnostiquées tout en améliorant son savoir-être – c’est-à-dire sa capacité d’interagir avec des inconnus, de communiquer de l’information de façon concise et de gérer son affectivité dans des situations stressantes ou imprévisibles.

En outre, l’apprentissage en immersion dans un milieu francophone authentique est complètement différent de l’apprentissage par exercices grammaticaux décontextualisés en salle de classe. Sans interagir avec la communauté francophone, il est impossible d’acquérir les savoirs liés à la culture, comme l’utilisation du joual, le savoir-faire et le savoir-être. De plus, sans contact avec la population, il est difficile de perfectionner son accent et d’apprendre à parler couramment une langue seconde ou étrangère.

Ce qu’offrent l’Université d’Ottawa et la ville d’Ottawa en général, c’est l’occasion de s’engager dans un tel contexte authentique en dehors des cours et du travail. Il est donc possible de recevoir une rétroaction constante de la part des locuteurs natifs et de travailler la prononciation et la structure phraséologique de la langue française. En fait, il s’agit d’une qualité attrayante unique à l’Université d’Ottawa étant donné sa proximité à la ville de Gatineau et l’importance de la capitale nationale dans la politique canadienne, qui est nécessairement abordée dans les deux langues officielles.

Irene conseille à tout anglophone et francophile qui aimerait améliorer son français et perfectionner ses connaissances linguistiques en langue seconde de profiter au maximum de l’apprentissage par l’engagement communautaire durant ses études universitaires à l’Université d’Ottawa. C’est une expérience hors pair que l’on ne peut vivre qu’ici, dans la capitale canadienne.

Par : Irene Knicely-Coutts


Un étudiant témoigne de ses expériences de bénévolat

Robert Dwight Matson - Histoire de succès AEC

Pour Robert Dwight Matson, étudiant de quatrième année en biochimie à la Faculté des sciences, le bénévolat est avant tout une façon de redonner à la communauté universitaire. Robert a entendu parler du Service de raccompagnement dès sa première année à l’Université, alors qu’il participait à sa Semaine d’accueil. Il a décidé de se joindre à l’équipe et, depuis, donne régulièrement de son temps au service. Après plus de 300 heures de bénévolat en tant qu’accompagnateur, l’étudiant affirme avoir beaucoup retiré de son expérience. Il a également découvert que le Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire pouvait lui émettre une attestation de bénévolat pour reconnaître son service à la communauté.

Pendant sa deuxième année d’études, Robert s’est investi auprès de l’Association des étudiants en sciences en contribuant à l’organisation de la Semaine d’accueil des nouveaux étudiants. « Ma première semaine à l’Université a été si agréable que je souhaitais aider les nouveaux étudiants à en retirer autant de plaisir que moi », explique-t-il. À ce jour, il s’agit de son expérience de bénévolat la plus mémorable en raison des bons moments avec d’autres étudiants. « Malgré les aléas de la météo, les étudiants ont tous semblé s’amuser. Pour ma part, j’ai absolument adoré mon expérience. »

À l’automne 2017, Robert a eu vent du programme d’apprentissage par l’engagement communautaire offert dans le cadre du cours Techniques avancées en biosciences. C’est ainsi qu’il a effectué un placement auprès du Bureau de la gestion du risque de l’Université. « J’ai reçu une excellente supervision, et j’ai bien aimé faire du bénévolat s’apparentant à mon domaine d’études », affirme-t-il.

Pour Robert, « le bénévolat est une expérience très gratifiante ». Il permet d’en apprendre plus sur les services, les possibilités et les ressources à l’Université. C’est aussi l’occasion de rencontrer des étudiants d’autres programmes et d’améliorer ses compétences en communication. Il va sans dire que l’expérience acquise en participant à des activités communautaires et en contribuant à sa collectivité a des retombées positives sur les études. « Ces retombées ne sont pas toujours évidentes à première vue, mais elles se manifestent parfois sans que l’on s’y attende », conclut-il.


Études sur les animaux : réflexion sur nos responsabilités éthiques envers les animaux

Étude des animaux

Un nouveau cours intitulé « Études animales » a été offert pour la première fois à l’Université d’Ottawa cet automne. Le cours, qui a été donné conjointement par Anne Vallely, professeure au Département d’études anciennes et de sciences des religions, et Sonia Sikka, professeure au Département de philosophie, présente aux étudiants la vaste gamme de méthodes historiques et contemporaines utilisées par les êtres humains pour se sentir proches d’autres êtres vivants, et comprend une réflexion sur nos responsabilités éthiques envers les animaux.

La professeure Vallely croit que la création de ce cours représente un progrès important pour l’Université, et elle espère qu’elle donnera lieu à l’instauration d’une mineure en études sur les animaux. Toutefois, elle craint également que le domaine devienne théorisé à l’excès, dépolitisé et déconnecté des vrais animaux lorsque les questions liées aux animaux ne se retrouveront plus en marge des champs d’intérêt universitaires et deviendront de plus en plus populaires.

Pour apaiser cette préoccupation, elle a communiqué avec le Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire afin de trouver des moyens de faire participer ses étudiants à l’apprentissage expérientiel en travaillant sur des enjeux concrets liés aux animaux. Par exemple, certains de ses étudiants ont travaillé sur un projet visant à protéger la population de petites chauves-souris brunes d’Ottawa qui est menacée d’extinction, tandis que d’autres ont mené des recherches de concert avec le Bureau du développement durable de l’Université d’Ottawa pour trouver une façon de créer un campus favorable aux oiseaux. « Les étudiants qui effectuent un stage dans le cadre du programme d’apprentissage par l’engagement communautaire (AEC) profitent aux autres – humains et non-humains – et acquièrent par la même occasion des compétences professionnelles », a souligné Anne Vallely. « L’AEC a été une ressource inestimable pour notre classe, en permettant aux étudiants d’établir des liens entre la théorie et la pratique d’une manière qui n’aurait jamais été possible dans une classe traditionnelle », a-t-elle ajouté.

Est-ce que votre organisme, service ou faculté travaille sur une initiative ou un projet lié aux animaux qui pourrait bénéficier de l’aide des étudiants? Communiquez avec le Centre et nous discuterons volontiers de vos éventuels besoins et priorités en ce qui a trait à un volet de l’AEC lié aux animaux ou à tout autre cours offrant l’AEC qui intéresserait la population étudiante en général.


AEC – Placement avec Red de Empresarias de Nicaragua (REN)

Placement with Red de Empresarias de Nicaragua (REN)_Emilia

Je m’appelle Emilia Macera Deschênes et je suis étudiante en développement international et mondialisation à l’Université d’Ottawa. J’effectue présentement un placement coop au Centre de recherches pour le développement international et je serai en quatrième année le trimestre prochain. J’ai choisi ce domaine d’études en grande partie parce que je m’intéresse aux cultures du monde et que je possède de l’expérience de travail communautaire. Étant moitié Péruvienne et moitié Canadienne, j’ai toujours nourri de la curiosité pour les relations Nord-Sud et j’ai souvent comparé les modes de vie, les politiques et les systèmes instaurés dans mes deux pays.

J’ai entendu parler de l’AEC dans le cadre de mon cours sur le financement du développement international, enseigné par le professeur Philippe Régnier. Le CMJEMC a établi un partenariat avec CUSO afin de nous offrir un placement en tant que chercheurs de financement international pour une ONG au Nicaragua nommée Red de Empresarias de Nicaragua (REN). C’est un réseau de femmes entrepreneures au Nicaragua qui vise à contribuer à l’autonomisation économique de ses membres. Mon équipe a donc fait des recherches au sujet de la diversification des sources de financement pour soutenir les activités du réseau. Nous avons rédigé un rapport incorporant des aspects théoriques en lien avec le cours et les politiques canadiennes d’aide au développement. Nous avons aussi créé une base de données sur les sources de financement potentielles des secteurs privé et public. Par la suite, nous avons été chaleureusement accueillis par l’équipe de CUSO pour leur présenter la recherche que nous avions effectuée.

Ce que j’ai trouvé exceptionnel dans ce placement, c’était la possibilité de travailler à distance sans devoir entreprendre les démarches nécessaires pour voyager et payer les frais rattachés à un stage international. Dans l’ensemble, ce placement a enrichi mon expérience universitaire puisqu’il m’a permis d’approfondir mes connaissances par rapport au financement du développement international en alliant la théorie et la pratique. Je trouve que le savoir est important, mais le savoir-faire est également très bénéfique, surtout pour le marché du travail. J’ai avant tout développé mon sens de l’initiative et du leadership tout en travaillant mes compétences en communication. J’ai aussi appris à gérer plusieurs attentes, comme celles de mon équipe, du cours et des partenaires, en communiquant ouvertement avec tous ceux qui étaient engagés dans le projet. En ce qui concerne mon parcours professionnel, ce placement m’a permis de faire du réseautage, d’obtenir une référence professionnelle et de recevoir des crédits tout en enrichissant mon CV. Mon équipe a même reçu un certificat d’appréciation de CUSO pour avoir effectué cette recherche!

Je tiens à remercier le professeur Philippe Régnier pour avoir incorporé cette composante d’apprentissage dans son plan de cours. J’encourage fortement aux professeurs à contacter le Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire afin d’obtenir plus d’information sur les possibilités offertes aux étudiants. L’effort mis dans la création de ces partenariats et de ces services est très bénéfique pour notre épanouissement scolaire et professionnel. J’encourage aussi à tous les étudiants de s’impliquer au-delà des cours et de savoir quelles sont les ressources à leur disposition. N’hésitez surtout pas à parler à vos professeurs de l’AEC pour créer ensemble de nouvelles opportunités dans vos programmes!


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