Un « lien étroit et stimulant » : une diplômée de l’Université d’Ottawa décrit son expérience de bénévolat en Tanzanie

Katie Chastven est poussée, par-dessus tout, par sa passion pour les voyages. Cet amour a orienté ses études, alimenté son désir d’engagement et de bénévolat, et transparaît à présent dans ses objectifs de carrière.

L’étudiante originaire de Burlington a obtenu un baccalauréat ès arts de l’Université de Toronto en 2011, avant d’obtenir un baccalauréat en éducation de l’Université d’Ottawa en 2013. Pendant ses études à l’Université d’Ottawa, Katie était membre de la Cohorte mondiale de la Faculté d’éducation, un programme unique visant à promouvoir l’intégration des perspectives mondiales et l’éducation internationale au sein du curriculum de l’Ontario. Son expérience l’a amenée à s’engager dans deux projets de bénévolat canadiens, Kitigan Zibi et l’initiative d’Élections Canada.

Toutefois, la mission du Projet TEMBO a touché chez elle une corde sensible. Basé en Tanzanie, TEMBO soutient les filles et les femmes en leur offrant une éducation et en parrainant des microentreprises. Ce qui l’a le plus attiré était la possibilité de changer les choses dans la vie des jeunes filles.

L'an dernier, en juin 2014, elle et quatre autres étudiants de l’Université d’Ottawa ont rejoint le camp anglais de TEMBO, pour établir un plan dynamique de leçons d’anglais langue seconde à intégrer au programme tanzanien. Les étudiants ont eu l’occasion de faire du bénévolat dans l’ensemble de la communauté, en organisant un atelier sur l’alphabétisation et les droits des femmes, en plus de travailler en étroite collaboration avec deux apprentis professeurs tanzaniens.   

Katie souligne fièrement la liste des réussites du Projet TEMBO, non seulement depuis sa création, mais également au cours de la courte période suivant son départ. Le programme, qui en est actuellement à sa sixième année, est passé de 54 à 66 étudiants depuis 2014 et n’a connu aucun désistement depuis son lancement. Le groupe a récemment construit un nouveau centre d’apprentissage et une nouvelle bibliothèque, et gère un gîte qui héberge les bénévoles en visite, ce qui donne du travail à plusieurs membres de la communauté. Tous ces projets visent à rendre TEMBO viable sur le plan économique. Le modèle pourrait même être reproduit dans de nombreuses communautés.  

Ce qui est le plus important, déclare-t-elle toutefois, est que les valeurs communautaires de Longido s’améliorent. À mesure qu’un plus grand nombre de voix se font entendre ouvertement, le public commence à aborder des problèmes importants tels que la mutilation génitale chez les femmes, une coutume Masai illégale en Tanzanie depuis 1998, mais dont l’interdiction est pratiquement impossible à appliquer. La communauté fait également des efforts pour que les filles commencent à étudier l’anglais plus tôt.   

L’équipe de TEMBO joue un rôle important dans la remise en cause de ces tabous sociaux. L’un de ces modèles est Mary Laiser, une animatrice communautaire du Projet TEMBO dans la région de Longido. Surnommée affectueusement Mary Tembo, l’ancienne bénévole du gîte TEMBO est une pionnière de la communauté : elle est en effet la première femme Masai de sa communauté à avoir organisé une cérémonie d’accession à l’âge adulte « alternative » pour sa fille, Happiness (qui, pendant le séjour de Katie, a également été choisie pour prononcer le discours d’adieu et a été acceptée à l’université).

Voilà qui atteste de l’incidence profonde que l’éducation peut avoir sur la communauté dans son ensemble. Selon Katie, l’établissement d’un changement communautaire durable ne peut provenir que du remaniement des cycles d’éducation. « Et c’est exactement ce qui se passe ici. On ne sait vraiment pas où la graine est plantée ».

Depuis TEMBO, un ans plus tard, Katie reste en contact étroit avec ces coéquipiers. Son prochain projet l’emmènera à Taiwan, pour enseigner l’anglais comme langue seconde avec un ancien collègue.  

Katie, qui vit actuellement à Toronto et travaille au Sick Kids Hospital, suit des cours pour obtenir des compétences supplémentaires, ce qui témoigne de son engagement profond envers l’éducation en général. Lorsqu’on lui demande son avis sur la pénurie actuelle d’emplois pour les nouveaux professeurs dans la région, elle ne semble pas affectée : son optimisme est plus fort

Elle rit lorsqu’on lui demande si elle s’arrête parfois pour faire une pause. Même après toutes ces expériences, Katie semble tout aussi motivée à s’engager que lorsqu’elle a commencé.

« Le bénévolat ne peut pas être une expérience négative; c’est enrichissant de s’engager, de quelque manière que ce soit. C’est beaucoup de travail, mais à la fin, cela en vaut la peine. »  

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